Et Jacques Brel rencontra Joseph Wresinski…

Ce 12 mars 2018 est paru le livre Jacques Brel, Auteur, recueil de textes commentés par France Brel et publié par la Fondation Jacques Brel. Dans les commentaires de la chanson « Voici »,  publiée en 1958, on découvre une allusion à la rencontre entre Jacques Brel et Joseph Wresinski, au camp des sans logis de Noisy-le-Grand. En voici un extrait :

« Les vers « Qu’en nos faubourgs délavés / Des prêtres en litanies sont devenus ouvriers » est l’hommage qu’il (Jacques Brel) rend au Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde qui s’est battu pour la dignité des plus démunis.

Toujours sensible à la générosité et au courage des hommes et des femmes dans leurs tentatives désintéressées à vouloir aider les plus fragiles, Jacques débarque un jour, sans prévenir, dans le camp des sans logis, organisé par le Père Joseph Wresinski, à Noisy-le-Grand. Depuis 1956, le prêtre ouvrier y mène avec dignité et courage un combat acharné pour effacer la honte et les humiliations de la misère.

Le Père Joseph se souvient de la visite impromptue de mon père : « J’étais dans l’écrasement le plus total avec une population de 252 familles, tout seul, lorsque Brel est venu un jour me voir comme ça, avec sa folie. Puis il a fait de grands projets et il m’a dit « viens, on fera ensemble le tour de France, on ira comme ça de lieux en lieux et je chanterai pour vous. » Je ne l’ai jamais fait et il n’est jamais revenu mais ça ne fait rien. C’est le fait que quelqu’un apporte un peu d’illusion, un peu de chaleur, un rêve… J’ai gardé pour lui, non seulement ce rappel de la vérité, ce que nous dit son message authentique de Quand on a que l’amour mais aussi d’un homme qui, à un moment donné, a été une chaleur, un rêve dans la vie d’un homme. J’étais bien seul, j’avais besoin de ça, il est tombé au bon moment. »

Ce récit de sa rencontre avec Jacques Brel, le père Joseph Wresinski le fit le 17 mai 1973, lors de l’interview donnée à Jacques Chancel, dans la célèbre émission « Radioscopie ».

Le livre

Jacques Brel, Auteur propose la découverte en plus des chansons connues, des textes inédits, des scénarios, des billets radiophoniques. Leurs commentaires apportent une contextualisation, des informations biographiques, dévoilent les intentions et les étonnements de l’artiste. Le livre propose des manuscrits, des illustrations, les souvenirs de nombreux témoins et près de 300 citations de Jacques Brel peu ou pas connues en provenance pour leur majorité de la presse de l’époque.

Ce livre présente, dans la chronologie de sa vie, tous les textes écrits par Jacques Brel, depuis ceux rédigés au sortir de l’enfance jusqu’à ses dernières chansons. Les commentaires invitent le lecteur à découvrir des écrits jamais publiés, des éléments biographiques, les rencontres d’une vie, les cheminements d’une pensée, l’érosion des combats. Ils mettent en évidence des fils rouges que l’artiste livre avec pudeur jusqu’à ses derniers mots. La présentation permet de lire les commentaires dans leur continuité pour suivre depuis la naissance les intentions d’un artiste mais ils peuvent aussi se laisser découvrir par touches successives, selon la curiosité d’un moment. Si les premiers écrits témoignent d’un terreau essentiel, les témoins de sa vie confirment la personnalité exceptionnelle de Jacques Brel, ses manuscrits illustrent ses recherches et ses très nombreuses citations lui redonnent la parole. »

Prix : 39,90 €

Éditeur : Fondation Jacques Brel
Nombre de pages : 632
Format : 25 x 17,5 cm

2 commentaires Laisser un commentaire
  1. Intéressant! et je ne serais pas surprise de voir Jacques Brel inspiré de la douleur, la souffrance des pauvres pour faire ressortir la beauté et la chaleur de l’Etre chez le Père Joseph Wresinski dans sa solitude. Un brin d’étincelle d’amour, d’un passage éphémère. Merci pour faire revivre l’illusion de la vie!

    1. Merci Maria! En 1953, donc bien avant sa rencontre avec le père Joseph Wresinski à Noisy-le-Grand, Jacques Brel écrivait « Il nous faut regarder », dont le premier couplet se présente ainsi:

      Derrière la saleté.
      S’étalant devant nous
      Derrière les yeux plissés
      Et les visages mous
      Au-delà de ces mains
      Ouvertes ou fermées
      Qui se tendent en vain
      Ou qui sont poings levés
      Plus loin que les frontières
      Qui sont de barbelés
      Plus loin que la misère
      Il nous faut regarder.

      English Translation here: http://lyricstranslate.com/en/il-nous-faut-regarder-we-must-look.html

      Il avait déjà cette sensibilité, qui le conduisit, quelques années plus tard, à cette visite au camp de Noisy, et à cette allusion au père Joseph dans la chanson « Voici ».

      English translation: http://lyricstranslate.com/en/voici-here.html

      That in our faded suburbs
      The priests in their prayers
      Have become the workers
      Here

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