Joseph Wresinski (1917-1988)

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Le partage culturel qui libère.

Intervention du père Joseph Wresinski lors d’une soirée-débat sur Culture et pauvreté au Centre Georges Pompidou à Paris, le 16 mars 1987.

CULTURE ET PAUVRETE

Soirée-débat au Centre Georges Pompidou à Paris, le 16 mars 1987.

Le thème que vous avez retenu pour cette soirée : Culture et pauvreté, est d’actualité. Il nous permet de mettre le doigt sur ce qui, pour les familles en grande pauvreté, peut faire la différence entre exclusion et participation, entre assistance et libre exercice des droits de l’homme.

La culture, instrument de liberté : c’est à cela que nous invite à réfléchir votre thème de ce soir. Cependant la culture que se partagent les plus pauvres, est-elle libératrice ? Qu’est-elle, cette culture, dans un quartier pauvre d’une ville de province ? Essayons d’y regarder de plus près.

I - LA SURVIE AU NOM D’UNE PART DE CULTURE

Dans les immeubles à loyer réduit dont je voudrais vous parler, ont été relogés de nombreux locataires qui étaient déjà endettés ailleurs et qui ne pouvaient plus se maintenir dans un logement moins inconfortable. Sur un ensemble de 650 logements, l’institut de recherche du Mouvement ATD Quart Monde a pu mener à bien une enquête difficile sur la situation de l’emploi et des ressources. La moitié des ménages ont accepté de se soumettre à un questionnaire important sur cette plus douloureuse des questions qui se posent à eux. Au plan qualitatif, des informations extrêmement fines ont pu être ainsi réunies, grâce à la confiance acquise au travers de nombreuses actions, notamment pour l’accès à la culture, que le Mouvement mène dans cette zone de grande pauvreté.

L’enquête révèle en premier lieu que les familles vivant dans la grande pauvreté étaient déjà très pauvres avant la crise, que plus de la moitié des chefs de ménage interrogés n’ont aucune qualification professionnelle, alors que 50 % des chefs de famille ont commencé à travailler avant l’âge de 14 ans. Aujourd’hui, le chômage règne massivement parmi ces familles. 37% seulement des ménages ont un travail, le plus souvent précaire.

La faiblesse et l’irrégularité des ressources font réfléchir. Plus de la moitié des chômeurs ne reçoit aucune indemnité. 18% des familles n’ont que les allocations familiales pour vivre. Beaucoup n’ont pas de quoi terminer la semaine. La plupart sont couvertes de dettes. Aussi, les coupures d’eau et d’électricité, les menaces de saisies et d’expulsions hantent la vie des familles de ces immeubles.

Nous voici donc effectivement dans une de ces zones de grande pauvreté où se battent pour vivre quelques deux millions et demi de Français. Mais grâce à quoi survivent ces familles ? Au risque de surprendre certains, j’affirmerai que ces familles puisent des raisons de vivre dans la part de culture qu’elles détiennent. Dans cette culture que nous-mêmes ne reconnaissons peut-être pas, mais qu’elles vivent ensemble au mieux de leurs possibilités.

De fait, en tout temps, les hommes se sont forgés des modes de pensée et de vie communes, dès lors qu’ils partageaient un territoire, une histoire, une situation immédiate commune. Les hommes et les femmes qui séjournent dans les zones de grande pauvreté ne sont pas, en cela, d’une autre espèce que leurs concitoyens. Ils ne sont pas imperméables aux convictions et croyances, aux savoirs et aux évènements du monde qui les environne.

Certes, ils ne reçoivent de lui qu’une part tronquée de culture, et pire encore, ils n’obtiennent pas les moyens de la rendre cohérente, constructive, libératrice. Cependant, ignorer, ou même nier qu’il existe une part de culture dans nos immeubles, dans nos quartiers et cités les plus défavorisés, serait une erreur sur l’homme même. Toutes les investigations sérieuses la contredisent.

II - UNE CULTURE DE RESISTANCE

Mais quelle est cette part de culture ?

Les familles des zones de misère, et même celles qui sont apparemment isolées, partagent une culture de l’insécurité. Ces hommes et ces femmes vivent en permanence dans l’attente de l’incertain : attente d’une aide, d’un secours, attente du versement des allocations familiales, attente de l’huissier ou de l’agent qui, depuis hier, le 15 mars, peut à nouveau venir couper l’électricité et le gaz.

Dans cette ambiance de l’attente du meilleur et du pire, les familles s’organisent, vaille que vaille, car elles doivent prendre des décisions et elles les prennent à leur manière. Ainsi les enfants qui vont à l’école seront vêtus avant les autres. Les parents et surtout les mères se priveront de nourriture, les adultes ne se soigneront pas, de peur de dépenser de l’argent dont ils auront besoin pour préparer la rentrée. Non pas qu’ils puissent avoir un véritable projet d’avenir pour leurs enfants, mais ils veulent malgré tout que ceux-ci apprennent et, surtout, qu’ils ne soient pas humiliés à l’école. Ils craignent aussi leur placement s’ils apparaissaient comme des enfants négligés.

De cette insécurité qui conduit à l’angoisse, qui mine la résistance physique, naissent pourtant aussi des richesses. Celle, par exemple, d’une plus grande indulgence face aux énervements, aux exaspérations de l’autre. Les familles comprennent et admettent que trop de misère entraîne des découragements qui conduisent à la violence et au désespoir. Tout le monde dans les cités cherche à rétablir toujours à nouveau la paix, le calme que trop de malheur ne cesse de perturber. Car sans la paix, l’entraide est impossible, et sans l’entraide "on crève", comme me disent des pères de familles.

D’autres richesses se vivent au coeur de la misère. Ainsi, on ne laissera jamais personne à la rue. Au besoin, on se serrera, on hébergera, dans un logement déjà surpeuplé. Cela finira souvent par des disputes, car "trop, c’est trop", comme disent bien des mamans. N’empêche, qu’il y a là une compréhension et un refus de la misère que nous ne trouvons pas ailleurs.

La présence des enfants reste la source principale de toutes les résistances et de toutes les adaptations. Pour que les enfants restent au foyer, on recherchera un emploi, un gagne pain, si humiliant soit-il. Même si, depuis des années, tous les efforts sont vains, même si l’ANPE ne peut plus rien pour un homme et le lui déclare nettement, tôt ou tard nous le verrons reprendre le chemin des employeurs ou se trouver le moyen de faire quelque récupération ou un travail "au noir".

Je ne vous rappelle ici que quelques manifestations de cette part de culture que les familles en grande pauvreté tente de maîtriser, envers et contre tout. Ce qu’il faut surtout savoir, c’est que cette part de culture de résistance est vécue dans des conditions intolérables. Les familles n’ont pas les moyens de la vivre d’une façon consciente et harmonieuse. D’autant qu’elles doivent tenir compte du monde environnant qui ne comprend pas leurs efforts de penser et d’agir pour elles-mêmes. Ce monde les oblige à pactiser avec l’assistanat, pour obtenir des aides qui ne sont pas des droits. Elles doivent subir des contrôles dont elles sortent humiliées. "Il faut bien vivre", disent alors les familles. Il faut aussi "s’arranger avec l’école", alors que les enfants n’aiment pas s’y rendre. Elles voudraient vivre des valeurs de dignité et de fraternité, alors que la société environnante veut les faire survivre au prix d’une assistance qui provoque le contraire.

Cette part tronquée de culture, cousue à la fois de résistances et d’adaptations à ce que l’on refuse mais que l’on ne peut éviter, n’est pas une culture de libération. Elle ne permet pas de se projeter vers un avenir meilleur. Elle contient des richesses indéniables, certes, parfois originales, mais ces richesses sont doublement entamées : parce que, d’une part, le monde environnant ne les apprécie pas, et que, d’autre part, les familles elles-mêmes n’ont pas les moyens de les valoriser.

Ainsi, l’environnement condamne l’hébergement, la tolérance des disputes et des violences. De plus, il renouvelle les gestes séculaires de l’aumône au cas par cas, par des aides qui cassent les ententes fragiles, parce que l’on refuse à l’un ce que l’on accorde à l’autre. Cela, alors que les familles elles-mêmes n’ont pas les moyens d’explorer et de communiquer l’histoire qui a fait naître leur manière de vivre ensemble. Elles n’ont pas non plus les moyens de la valoriser par la poésie, le théâtre, l’expression picturale, le chant...

Culture tronquée, culture étriquée, culture orpheline, puisque son histoire et ses liens avec la culture du pays ne sont pas reconnus. En conséquence, cette culture ne peut pas par elle-même permettre ce que leur culture permet à d’autres, à savoir de s’approprier les Droits de l’Homme et d’assumer les responsabilités de tout citoyen.

III - ASSISTANAT OU DROITS DE L’HOMME ?

Assistanat ou Droits de l’Homme, voilà bien la question que la grande pauvreté pose aux détenteurs de la culture de notre temps.

Car il est évident que l’opinion ne se contente plus sans débats des allocations versées au coup par coup, des droits qui deviennent des aides temporaires précaires, soumises à l’arbitraire, lorsqu’il s’agit des plus pauvres. Le pays en discute. Et il ne discute pas seulement du fait que des restaurants pour les affamés, des centres d’hébergement pour les sans-abris ouvrent pour l’hiver et se referment au printemps. Le débat va bien plus loin. En ces années de redécouverte de la grande pauvreté, nous mesurons la remarquable avancée de l’opinion française et européenne. L’opinion se pose la question de la grande pauvreté, non plus en terme d’aide à la survie accordée selon le bon vouloir, mais en terme de maîtrise des moyens d’exercer les Droits de l’Homme.

C’est le point de vue que vient d’adopter le Conseil Economique et Social. Son avis sur la "Grande pauvreté et précarité économique et sociale", voté le 11 février dernier, retient trois conclusions. Il affirme en effet, et c’est une première dans les pays industrialisés : - que la grande pauvreté est un déni de l’ensemble des Droits de l’Homme - que la grande pauvreté exige des mesures cohérentes, globales et prospectives, pour garantir ces droits à tous en les restituant aux plus démunis. - et, enfin, qu’il s’agit là d’une priorité nationale.

C’est cette première-là que vous prenez en compte quand, dans le texte de présentation de cette soirée, vous liez l’exclusion des très pauvres de nos systèmes de représentation au dénuement culturel qui leur est infligé. Vous posez la question des responsabilités des acteurs de la vie culturelle face aux laissés pour compte de la représentation politique. Votre démarche permet d’aller enfin jusqu’au bout des conséquences de l’interdépendance effective de tous les droits de l’homme. Car votre texte suggère que les droits de l’homme, qu’ils soient civils ou politiques, économiques, sociaux ou culturels, forment qu’un tout.

C’est bien ce que la vie quotidienne dans la grande pauvreté confirme. Nous l’avons vu : - l’homme sans domicile reconnu n’obtient pas son inscription sur les listes électorales, - le chômeur de longue durée ne peut plus, en toute logique, faire valoir une participation syndicale quelconque, - la famille sans ressources ne peut accéder à la vie associative.

Dans cet ensemble indivisible de droits, la culture - vous avez raison - prend une place importante.

IV - LE PARTAGE CULTUREL QUI LIBERE

Entre la situation de dépendance d’un assistanat et celle d’une maîtrise des Droits de l’Homme, la culture doit faire la différence. Elle a un rôle clé pour aider à transformer une société de l’assistanat en société des droits fondamentaux pour tous. Pour atteindre ce but, une double démarche est proposée aux Français qui participent à l’héritage culturel du pays.

Il s’agit tout d’abord, de reconnaître la part de culture dont vivent les familles qui, en raison de leur trop grande pauvreté, sont exclues de la vie de la nation. Il s’agit de vouloir connaître les attentes d’un changement que cette culture porte en elle. Car vouloir que des hommes sortent de l’exclusion avant de leur offrir les moyens d’une culture libératrice est un non sens. Ce serait demander à une population de prendre en main ses lendemains, en lui interdisant son passé et son présent.

L’ATD Quart Monde, depuis trente ans, affirme le droit de la population la plus pauvre de valoriser son identité pour pouvoir prendre en main son destin. Ce droit suppose les moyens de l’expression culturelle collective, les moyens de la vie associative. Ce droit suppose aussi ce que le CES dans son rapport "Grande pauvreté et précarité économique et sociale" a appelé un accompagnement qui soit avant tout culturel. Cet accompagnement requiert l’investissement d’hommes et de femmes passionnés d’épouser la réalité sociale et culturelle d’une population et de s’engager avec elle.

Développer une culture par une autre, nous en sommes tous d’accord, est une affaire de réciprocité. Les familles nous prendront au sérieux, si nous-mêmes les prenons d’abord au sérieux. C’est ce qu’a voulu faire le Mouvement en créant ses pivots culturels, ses bibliothèques de rue, ses universités populaires dans les zones de grande pauvreté. Ceux-ci témoignent de l’attente des populations les plus pauvres, de leur soif d’apprendre et de partager. Elles témoignent aussi de tout ce que ces populations peuvent nous apporter elles-mêmes pour leur libération. En effet, ces programmes révèlent aussi l’investissement dont sont capables les plus pauvres. Je pourrais témoigner longuement, et d’autres ici peuvent le faire comme moi, du sens inné des enfants les plus pauvres de l’expression, par la couleur et le dessin, des réalités de leur vie ; de la sûreté de jugement, la clairvoyance des jeunes, de l’authenticité de leur expression théâtrale, que ce soit dans les caves, les greniers, les entrées de nos HLM, dans les taudis à East New York, ou dans les slums des capitales du Tiers Monde.

Nous pourrions débattre de la valeur artistique de ces créations et, à juste titre, défendre cette valeur artistique en tant que telle. Pour ma part, je voudrais surtout témoigner de la force du message qui permet de telles expressions. Aucun animateur, aucun volontaire du Mouvement ATD Quart Monde, personne n’aurait pu susciter une telle créativité, si la liberté n’était pas inscrite, déjà, au coeur de ces populations, si leur création n’était pas, déjà, un cri de libération lancé comme défi au désespoir.

La misère détruit l’homme mais elle lui apprend aussi qu’il a l’obligation de la détruire. La misère nous rappelle, à nous aussi, qu’il est de notre devoir de nous joindre à cette aventure, au nom des Droits de l’Homme. Car bâtir avec les plus pauvres la liberté est une aventure. Et libérer les intelligences, l’imagination et la créativité des familles dont nous avons tronqué la culture est aussi un combat pour les Droits de l’Homme.

Sans nous, rien ne sera possible. La libération des familles est entre leurs mains et les nôtres, dans la mesure où ces mains se joignent. Ce combat est déjà engagé ; les victoires pour les Droits de l’Homme de demain se gagnent, déjà, aujourd’hui.

***

Du débat qui a suivi cette intervention, nous pouvons encore dégager les passages suivants.

Question : Vous ne semblez pas prendre parti pour telle ou telle famille politique ?

Père Joseph : La souffrance des populations en grande pauvreté n’a que trop duré. Pour y mettre un terme, il faut une continuité dans la volonté politique. Il s’agit d’une priorité nationale comme l’a affirmé le Conseil Economique et Social.

Une famille en grande pauvreté me disait : "Venir à bout de notre misère est déjà tellement difficile qu’il faut pour le moins que les hommes s’entendent pour le vouloir ensemble." Le réalisme des plus démunis nous dit que de se diviser sur un tel sujet ne peut que conduire à l’échec.

Question : Est-ce que le minimum de ressources que vous proposez, va plus loin que celui de M. Zeller ?

Père Joseph : La question n’est pas de savoir si telle proposition va plus loin que tel ou tel dispositif en place. L’essentiel est de comprendre que, dans son rapport, le Conseil Economique et Social a voulu répondre au cumul des précarités par une action globale. Il préconise une politique qui touche à tous les aspects de la vie économique, professionnelle, culturelle et sociale. Il demande une réponse globale. A ses yeux, le minimum de ressources proposé n’a de sens que si l’école est partenaire, que si les instances de formation sont partenaires, que si quelqu’un a mission de garantir un logement à ceux qui en ont le plus besoin, que si le droit de se soigner n’est soumis à aucun obstacle.

Le Conseil Economique et Social dit que si nous voulons réaliser les Droits de l’Homme, il faut autre chose que la charité. Il faut un programme global qui ait pour finalité la dignité de l’homme, sa sécurité, donc son insertion, sa prise de responsabilités. Maintenant, sur le revenu minimum garanti lui-même, le Conseil a souligné que 2.000 Francs était un plancher de survie acceptable, uniquement si l’Etat agissait aussi dans les autres domaines.

Question : Que pensez-vous des effets pervers d’un revenu garanti ?

Père Joseph : L’effet pervers entre tous, c’est l’exclusion sociale. La perversité, si perversité il y a, serait de croire que des personnes et familles puissent se satisfaire de conditions de vie sous-humaines ; ce serait d’oublier que la misère est en elle-même un fouet.

Mais faut-il raisonner en termes d’effets pervers, lorsque le minimum pour vivre dans la dignité n’est pas assuré par ce que l’Etat offre ? L’effet pervers de nos systèmes actuels est que ceux-ci ne permettent pas à une partie de nos concitoyens d’exercer leurs responsabilités. C’est un risque que ne courent pas les travailleurs au salaire minimum d’insertion garanti. Ceux qui travaillent en touchant le SMIG ne perdent pas leurs droits, par exemple, à l’allocation logement, aux allocations sous conditions de ressources.

Ce que nous proposons, c’est que personne ne puisse se trouver en dessous du seuil de l’acceptable. Que celui qui est à la rue puisse avoir un logement. Que celui qui est sans couverture sociale puisse se soigner, mais surtout que personne ne demeure sans cette couverture de droit.

Question : Comment financer un tel programme ?

Père Joseph : Le Rapport du Conseil Economique et Social a proposé un recours à la solidarité nationale. Mais dans un premier temps, les expérimentations proposées dans dix départements pilotes ont précisément pour but de chiffrer le coût des mesures et de prévoir une répartition entre Etat, Collectivités Locales et organismes sociaux (CAF, CPAM...) Pour le plancher de ressources, nous pouvons donner, à titre indicatif, une estimation de l’ordre de dix millions de francs pour un revenu de 2.000 Francs pour un adulte et 3.000 Francs pour un couple.

Question : Les pauvres, peuvent-ils être créateurs de leur culture et de leur développement ?

Père Joseph : Oui ! Tous les hommes qui vivent un même destin, pour peu qu’on leur en laisse la liberté, s’organisent et créent un "vivre ensemble". La question n’est plus de savoir si les très pauvres sont capables. Elle est de savoir si nous-mêmes sommes prêts à être leurs partenaires.

Culture et pauvreté
Intervention du père Joseph Wresinski, soirée-débat au Centre Georges Pompidou à Paris, le 16 mars 1987.

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