Sur la charité et l’assistance.

Prenant la parole lors d’une rencontre des Universités Populaires Quart Monde en 1978, le fondateur du Mouvement s’explique de manière très nuancée et fraternelle sur sa vision de la charité, de l’entraide, de l’assistance et sur la démarche spécifique du Mouvement ATD Quart Monde.

« Pour ma part ,je ne suis pas du tout d’accord qu’on dise qu’il ne faut jamais donner. Ce qu’on dit sur la charité, je m’excuse, mais c’est de la pure bêtise. La charité reste un des éléments essentiels de la relation humaine. Car la charité, qu’est-ce que c’est, sinon de l’entraide et du dépannage qui sont nécessaires. Si nous ne nous dépannions pas entre nous, les uns et les autres, quelle que soit la société dans laquelle nous vivons, le monde serait infect… Vous n’imaginez pas une société où les gens n’auraient plus besoin d’être aidés, où la mécanique d’un système ferait tout.

Le Mouvement n’est pas un mouvement qui ne veut pas la charité. Nous avons choisi une autre démarche, c’est tout. Pourquoi ? Parce que nous avons commencé dans un secteur où il y avait 27 organisations qui faisaient de l’entraide, et où il n’y avait aucune raison que nous devenions la vingt-huitième. Cela nous a obligé à choisir une autre démarche. Ce furent les circonstances qui nous ont guidés et non une quelconque supériorité. Nous l’avons fait simplement parce que nous nous sommes trouvés devant une situation où il était plus impor-tant pour les gens qui étaient déjà aidés par d’autres de prendre conscience de leur situation, de leur histoire, de leur identité. S’il n’y avait pas eu les 27 organisations, nous aurions simplement distribué du pain, des chaussures, nous aurions fait le secours catholique, nous aurions répondu à une main tendue… S’il fallait mendier pour vêtir les pauvres, je le ferais.

Tout le Mouvement s’est bâti et a bâti sa stratégie et sa philosophie d’une certaine manière d’abord parce que d’autres faisaient un service, un travail à notre place. Et ces gens-là, je les remercie, car ils ont été d’un immense secours au Sous-prolétariat et ils nous ont permis, à nous, d’avoir une autre démarche.

Père Joseph Wresinski, Université Populaire , 1978

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