你真的以為赤貧者沒有靈修生活?

(中法對照)

作者: 若瑟.赫忍斯基(Joseph Wresinski)

窮人被禁止去渡靈性生活,那是最嚴重,影響最深的一種剝奪。

至貧者比任何人都認識人性的軟弱,面對各種立即性的需要,他每天遇到的雇主、助人者、義工們, 都各有各的想法、分析與建議。但是,至貧者與這些人相遇時,最深的等待卻不在這個層次。他在這些人身上首先看到的是他們進入人性的能力,是他們超越眼前這些立即性問題,抓住本質的能力,這意味著:生命、死亡,而且為甚麼不說,還有天主!

關於窮人對天主,對死後世界的想法,我們知道些什麼?關於窮人對人類靈性的認識,我們又知道了多少?他對共同生活的意願,對凝聚眾生的追尋,我們又知道些什麼?在他眼裡,我們為誰而生?為了那一個神明?那一類意識型態?那一種真理?他對人類追尋完整性與獨特性的奧祕所擁有的知識,我們又知道了多少?我們為何以窮人之名控訴這世界的種種劣跡,卻不花心思去認識他的想法?為什麼我們一有機會就發動他們去對抗其他人,卻不去理解他們對這些人最深的等待?難道我們以為好好的管理社會救濟金或提供他們一些平庸的住宅,比分享他們對世界、對神明的思想更為有力?難道我們真的以為赤貧者不會思考,沒有靈修生活?不去超越這個禁制,一切的文化性活動都將付之闕如。因為窮人的靈修提醒大家,我們同屬一個人性。如果我們不進入這個靈修,就不必來跟他談文化。

楊淑秀節譯自《文化與極端貧窮》,若瑟‧赫忍斯基著,第四世界出版社,2004年,巴黎,頁22-24。

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Plus que toute autre personne au monde, le plus pauvre sait la faiblesse de l’homme. Tous les jours, il est affronté à des employés, des acteurs sociaux, des bénévoles qui , tous, ont leur idée, leur analyse, leur proposition pour répondre à ses besoins immédiats. Et pourtant, ce n’est pas à ce niveau-là que le plus pauvre tente de les rencontrer. ce qu’il voit en ces personnes, c’est avant tout leur capacité à entrer en lien avec l’humanité qui est la sienne. c’est leur capacité à saisir tout ce qui se trouve au-delà même de tous les problèmes immédiats, c’est-à-dire: la vie, la mort et, pourquoi pas, Dieu!

Que savons-nous de cette pensée du pauvre sur Dieu, sur “l’après” de la vie? Que savons-nous de ce qu’il connaît de la spiritualité de l’humanité? Que savons-nous de sa volonté de vivre ensemble, de sa volonté de rechercher ce qui nous rassemble? A son avis, pour qui vivons-nous? Pour quel Dieu? Pour quelle idéologie? Pour quelle vérité? Que savons-nous de sa connaissance sur cet insondable mystère de l’homme à la recherche de sa totalité, de son unicité? Pourquoi, en son nom, accusons-nous le monde de tous les maux sans même connaître sa pensée à lui? Pourquoi le mobilisons-nous à l’occasion contre les autres, sans savoir ce que lui-même attend d’eux? Ne pensons-nous pas que partager cette pensée sur le monde et sur Dieu est tout aussi mobilisateur qu’une bonne gestion des allocations familiales, que l’octroi d’un logement médiocre? Ou pensons-nous vraiment que le plus pauvre ne pense pas, qu’il n’a pas de vie spirituelle? Sans dépassement de cet interdit, toute action culturelle est vaine, car la spiritualité du pauvre est de nous rappeler que nous sommes d’une même humanité. Si nous n’entrons pas dans cette spiritualité-là, inutile de venir lui parler de culture.

In Culture et Grande pauvreté, Paris, 2004, (Édition Quart Monde),p22-24.

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